RELIRE: ARTICLE D’UN MEMBRE : Votre vous is vous

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depuis Recon News

27 décembre 2021

Par RubberShadow

Je suis moi, et il existe plusieurs versions de moi. Moi à la fac, moi au travail, moi avec mes amis, moi à l'Église, moi en tant qu'homo, moi en tant que fétichiste… enfin, vous saisissez. Ma vie avant de sortir du placard consistait à porter une série de masques pour être « moi » devant les autres. Quand j'ai trouvé les amis qui me conviennent, j'ai pu retirer quelques couches de ce personnage que je m'étais créé, et être simplement moi. Pour moi, la fierté, c'est accepter son vrai soi sous toutes ses formes.

J'ai grandi dans l'Oregon, je suis né sourd d'une oreille et j'ai été élevé dans une famille religieuse. Je n'avais jamais vraiment pensé à ma sexualité avant de finir ma mission de deux ans à servir l'Église de Jesus Christ des Saints des Derniers Jours. Oui, je suis Mormon. Après ma mission, j'étais un étudiant de 21 ans à BYU (Brigham Young University) rongé par l'anxieté sociale. C'est seulement vers l'âge de 24 ans que j'ai reconnu être homo.

Avant d'accepter ma sexualité, mon amour propre a connu beaucoup de défis. Pourquoi est-ce si dur de parler aux gens ? Que pensent les autres de moi ? Combien de kilos dois-je perdre ? Pourquoi un tel est-il si populaire ? Qu'est-ce qui ne va pas chez moi ? Tout un tas de questions. Quand j'étais avec les autres, je portais des masques psychologiques pour cacher mes angoisses. J'en portais des différents selon les amis ou les membres de ma famille. J'étais toujours moi selon les personnes à mes côtés, mais pas complètement moi. Mais quand j'ai compris que j'étais gay, cela voulait dire que je devais porter un autre masque devant les autres, le masque de « je suis hétéro ».

Quand on va à BYU, on doit accepter leur code d'honneur, qui est un accord pour obéir aux commandements que les Mormons suivent en plus de règles supplémentaires. Je ne pouvais pas être ouvertement gay à la fac sans courir le risque d'être expulsé. Je portais tous mes masques et jouais avec les apparences pour ne pas être découvert. Je m'isolais de plus en plus auprès de ma famille et de mes amis. C'est seulement quand j'ai rencontré un autre Mormon gay que j'ai pu me trouver.

C'était un réel soulagement de rencontrer d'autres personnes qui vivaient les mêmes choses que moi. On se rencontrait souvent pour jouer aux jeux vidéo et aux jeux de société. Je suis lentement sorti de ma coquille en étant avec mes amis gays. Je sentais que je pouvais enlever mes masques et juste être moi quand j'étais en leur présence. C'était comme un poids retiré de mes épaules. Je savais que j'étais gay et que tout allait bien se passer pour moi, mais ça, c'était avant de trouver un nouveau masque à porter, celui de « je ne suis pas du tout fétichiste ».

Il m'a fallu peu de temps pour comprendre que non seulement j'aimais les garçons, mais j'aimais aussi les fétiches. C'est drôle car quand je pense à mon enfance, je vois qu'il y avait déjà des indices comme quoi j'étais homo et fétichiste. Par exemple, quand j'étais jeune, je sautais sur toutes les occasions d'aller au magasin de sport avec mon père et de me faufiler en souce pour essayer les vêtements serrés en Lycra. Depuis lors, je suis toujours un fétichiste bizarre. Quand j'ai découvert mon côté fétichiste, j'ai dû garder cette partie de moi cachée, même par rapport à mes nouveaux amis homos.

J'en avais découvert plus sur moi-même mais j'ai dû le cacher aux autres de peur qu'ils réagissent mal. J'espère que vous pouvez voir le cycle frustrant de ma propre découverte. Je retirais quelques masques pour en remettre un autre. C'est dur de trouver un groupe d'amis qui me connait et accepte tout de moi. Je crois que je n'ai qu'un ami qui sait que je suis gay, Mormon et fétichiste. Sinon, j'ai différents groupes d'amis qui connaissent des aspects différents de moi. Tous les gens qui savent que je suis fétichiste ne savent pas que je suis Mormon. Rares sont les Mormons qui savent que je suis fétichiste, ou même que je suis gay. J'apprends encore à être moi, je porte encore certains masques quand je suis avec les autres, mais je suis sorti du placard, et je n'aurai plus jamais à porter ce masque-là. C'est démoralisant de savoir que beaucoup de gens de la communauté LGBTQ+ sont toujours cloîtrés après avoir fait leur « coming out ». Nous sommes toujours dans notre placard fétichiste, sans être sûrs de savoir en qui faire confiance avec cette connaissance si précieuse de nous-mêmes.

Aujourd'hui, j'ai 30 ans, et je me connais mieux. Je porte encore des masques de temps en temps, mais il y en a moins maintenant. Je suis heureux d'avoir trouvé une communauté dans laquelle je peux exprimer mes fétiches ! On peut se sentir gênés au sein de notre propre communauté LGBTQ+, et même au sein de notre communauté fétichiste. En tant que membres de ces communautés, nous devons nous accepter les uns les autres pour pouvoir être mous-mêmes. Être fiers de qui nous sommes et accepter tout ce qui nous concerne. Je suis fier d'être moi dans tous ses aspects et de le partager avec vous !

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